La situation alimentaire est normale dans la région. Toutefois, elle est sérieusement affectée dans la région à cause de la mauvaise campagne agropastorale. Il ressort de l’analyse faite par le SAP des différents paramètres de la sécurité alimentaire (y compris la production agricole), que l’ensemble des communes des cercles de Diéma, Nioro et Yelimané, dix neuf (19) communes du cercle de Kayes, deux (02) communes du cercle de Bafoulabé et trois (03) communes du cercle de Kita sont en risque de difficultés alimentaires (DA) ; sept (07) communes du cercle de Kayes, trois (03) du cercle de Bafoulabé et trois (03) du cercle de Kita sont en risque de difficultés économiques.
Des quantités de pluies très faibles ont été enregistrées à travers la région. Les hauteurs de pluies recueillies au cours mois sont partout très déficitaires et nettement inférieures à celles de l’année dernière à la même période au niveau des stations des chefs-lieux de cercle. Le cumul de pluies du 1er mai au 31 octobre est normal à Kayes, Diéma, Nioro ; déficitaire à Bafoulabé, Kita, Yelimané et excédentaire à Kéniéba. Ce cumul est partout nettement inférieur par rapport à celui de 2010 sauf à Diéma où il est supérieur.
Les cotes des cours d’eau sont largement inférieures à celles de l’année dernière dans l’ensemble. La décrue se poursuit à un rythme rapide.
La situation phytosanitaire est marquée par la présence massive des oiseaux granivores dans les cercles de Nioro et Yelimané. Les dégâts sont jugés légers dans l’ensemble. Toutefois, la menace y demeure.
Sur le plan agricole, les superficies récoltables sont largement inférieures à celles de la campagne écoulée à cause du déficit pluviométrique. Elles sont supérieures dans les cercles de Kita, Bafoulabé et Kéniéba ; largement inférieures dans les cercles de Kayes, Diéma, Nioro et Yelimané. Les récoltes s’annoncent moyennes dans les cercles de Kéniéba, Bafoulabé ; moyennes à bonnes dans le cercle de Kita ; mauvaises à très mauvaises dans les cercles de Kayes, Diéma, Nioro et Yelimané à cause du déficit pluviométrique très notoire constaté tout au long de la campagne. Elles sont nettement moins bonnes que celles de l’année dernière. S’agissant du coton, les superficies récoltables sont supérieures à celles de l’année dernière.
Le mil est l’épiaison- floraison dans l’ensemble et maturation- maturité par endroits ; le sorgho va de la montaison-floraison et maturation-maturité par endroits ; le maïs est à l’épiaison, maturité- récolte ; le fonio est à la maturité- récolte et le riz va de la montaison à la maturité.
L’arachide est au stade de formation de graines et maturation à maturité ; le niébé est à la floraison -fructification dans l’ensemble; le coton est à la floraison- capsulaison et maturation.
L’aspect végétatif est peu satisfaisant à cause du déficit pluviométrique. Les cultures souffrent du déficit hydrique qui a occasionné le flétrissement et l’assèchement d’importantes superficies. Les rendements s’annoncent donc faibles.
S’agissant des cultures de décrues, les réalisations sont largement en dessous de celles de la campagne écoulée à cause de la faiblesse de l’inondation des mares et plaines. Les perspectives sont mauvaises dans l’ensemble.
Quant au maraîchage, les activités ont commencé tôt mais elles seront de courte durée au vu du faible niveau de remplissage des points d’eau.
On note le départ inhabituel des bras valides de certaines localités suite à la mauvaise récolte vers les centres urbains et l’extérieur.
Les conditions générales d’élevage sont actuellement bonnes dans les cercles de Kita, Bafoulabé et Kéniéba, moyennes dans les autres cercles. Cependant, on note un déficit important de biomasse dans les cercles de Kayes, Diéma, Nioro et Yelimané avec un niveau largement en dessous de celui de l’année dernière. Les points d’eau sont faiblement remplis.
On signale la descente précoce des transhumants mauritaniens à cause des mauvaises conditions d’élevage en Mauritanie. La situation zoo -sanitaire est calme.
Les captures de poissons sont en baisse, elles sont jugées faibles dans l’ensemble. Les prix moyens des poissons sont relativement stables dans l’ensemble.
Sur les marchés, les disponibilités céréalières sont moyennes à faibles. L’offre des céréales sèches est en baisse dans l’ensemble à l’exception de Bafoulabé et Kéniéba où elle est restée stable ; celle du riz est stable dans l’ensemble. Par rapport au mois dernier, les prix des céréales sèches sont en hausse dans l’ensemble à l’exception des localités suscitées où ils sont restés stables. Quant à ceux du riz, ils sont stables.
Sur les marchés des chefs-lieux de cercle, le prix du sorgho (principale céréale de consommation) est par rapport au mois dernier, globalement en hausse sauf à Bafoulabé, Kéniéba et Yelimané où il est stable. Comparé à celui de l’année dernière à la même période et à la moyenne des cinq (5) dernières années, il est partout supérieur au niveau de tous les chefs-lieux des cercles sauf à Bafoulabé où il est inférieur.
Les effectifs d’animaux présentés à la vente sont relativement stables pour les gros ruminants et en hausse pour les petits ruminants particulièrement le mouton à cause de la demande importante de tabaski. Par rapport au mois dernier, le prix moyen de la chèvre est partout supérieur sauf à Kéniéba où il est inférieur. Ce prix moyen est partout supérieur à la moyenne des cinq (5) dernières années au niveau des marchés des chefs-lieux de cercle.
Par rapport au mois passé, les termes de l’échange chèvre/mil sont partout en légère détérioration sauf à Bafoulabé où ils sont en légère amélioration. Comparativement à la moyenne des cinq dernières années, ils sont dans l’ensemble défavorables aux éleveurs exceptés à Nioro, Kéniéba où ils sont légèrement favorables et identiques à Kita.
Les habitudes alimentaires restent normales pour la période.
Les stocks de céréales déclarés au niveau des banques du C.S.A. sont de 128 tonnes 950 contre 436 tonnes 400 le mois dernier, soit une baisse de 71% environ. Les stocks familiaux sont faibles dans l’ensemble. Ils sont en voie de reconstitution.
Le PAM a distribué dans le cadre de la santé- nutrition 3 tonnes 550 de mil, 21tonnes 670 de farine CSB, 0 tonne 950 de niébé et 1 tonne 167 d’huile au niveau des centres de santé. En outre, il a aussi distribué 103 tonnes 600 de mil, 20tonnes 750 de petit pois et 6tonnes 879 d’huile aux cantines scolaires.
La situation épidémiologique est marquée par six (06) diarrhées avec vomissement dont un (01) décès, un (01) cas suspect de méningite sans décès dans le cercle de Kayes ; un (01) suspect de rougeole sans décès dans le cercle de Bafoulabé ; un (01) cas suspect de fièvre jaune sans décès dans le cercle de Kéniéba. Cinq (05) cas de paralysie flasque aiguë (PFA) sans décès sont enregistrés dans les cercles de Kayes, Diéma, Kéniéba et Kita.
Par ailleurs, trois cent quatre quinze (395) cas de malnutrition modérés et cent onze (111) cas sévères dont trois (03) décès, sont enregistrés au niveau des différentes structures sanitaires de la Région. La prise en charge des cas de malnutrition se poursuit normalement.